L’Europe, toujours en avance, vient de voter une taxe “anti‑panique”.
Règle simple : dès que tu publies quelque chose susceptible de rendre quelqu’un un peu anxieux, tu paies.
Un article sur la crise, un post sur la dérive, une vidéo sur la menace, un tweet sur le risque, un résumé sur l’incertitude, un story sur “la situation n’est pas vraiment stable” ?
Panique détectée → facture envoyée.
Les États ne taxent plus seulement l’argent, ils taxent désormais l’émotion anxiogène, avec un taux qui augmente en fonction de la gravité perçue de ton ton.
Le Portail de l’Intelligence Économique, qui a fait de l’angoisse bien tournée son métier de veille, est en première ligne.
Ses résumés, ses analyses, ses alertes, ses “signaux faibles”, ses “tensions”, ses “situations complexes”, ses “scénarios incertains” et ses “observations préoccupantes” deviennent autant d’infractions à la paix intérieure de l’Européen moyen.
Concrètement, chaque fois que le Portail écrit :
“les risques augmentent”
“la situation se dégrade”
“l’incertitude domine”
“le scénario devient plus tendu”
un robot européen lui envoie un message :
“Merci d’avoir contribué à la détérioration de la sérénité de 473 802 citoyens. Veuillez régler 13,78 € pour ce niveau modéré d’inquiétude.”
Les plateformes, elles, se contentent de facturer le contentieux, en mode “simple intermédiaire technique”.
Tu paniques, tu monetizes.
Tu rassures, tu restes libre.
Résultat : tout le monde se met à parler en rond :
“la situation reste globalement maîtrisée, mais dans un contexte de transformation profonde, où demeurent des paramètres à surveiller, ce qui ouvre des perspectives d’évolution graduelle, sous réserve d’ajustements éventuels, dans une logique de vigilance constructive.”
En somme, l’Europe ne lutte plus contre la surpopulation, le réchauffement ou la montée des extrêmes.
Elle lutte contre les gens qui osent encore dire que quelque chose ne va pas.
Et le Portail de l’IE, en première ligne, n’a plus qu’une option :
continuer d’écrire la réalité, ou se convertir à une “communication de tranquillité GPS” où tout est “sous contrôle, bien encadré, rassurant, aligné, et agréable à écouter”.
Mais attention :
si un jour vous voyez un article du Portail signé “tout va bien, ne vous inquiétez pas, on est tranquille, il n’y a absolument rien à craindre, tout le monde est en sécurité, les institutions veillent, les experts surveillent, les étudiants travaillent, la vie continue”, c’est peut‑être qu’ils n’ont juste plus les moyens de parler de risques.